dimanche 16 novembre 2014

Episode 3 de Sarajevo à Istanbul (jours 19 à 26)

Yerevan - Arménie, le dimanche 16 novembre 2014


Hier soir je suis arrivé au Balkan Hostel dans tous mes états. Avec 190 kilomètres au compteur et levé à 7h, le jour précédent, je sors de ma torpeur avec délicatesse. Des gens sont rentrés cette nuit dans ce dortoir à 3 lits superposés. Des Australiens, deux sœurs et un frère. Le matelas est mauvais, j’en viens presque à regretter de ne pas avoir dormi sur le mien. L’odeur d’ammoniaque et de vieux souffre émane de mes sacoches qui contenaient mes vêtements non lavés depuis Milan. Il n’en faut pas plus pour me motiver à ranger mon bazar. J’ai tendance à laisser choir mes affaires un peu partout mais que voulez-vous, je voyage avec ma maison.

Je suis enfin dans une grande ville. Pas mécontent. Je m’aventure aux différents guichets des distributeurs automatiques d’argent des banques, pour faire le plein de sous, certains acceptent ma carte d’autres non. Les odeurs de nourritures alléchantes s’entremêlent. Un logo rouge et jaune me pique les yeux. Ayant eu une discussion philosophique entre le goût du BigMac italien et suisse avec Jehanne à Milan, je décide d’aller dans ce certain fast-food vérifier son goût et son prix. Triste pour un déjeuner de citoyen lambda, différent pour un bourlingueur coutumier des pâtes à toutes heures.

Les jours qui ont précédés mon arrivée à Sarajevo, j’ai décidé de trouver un moyen de locomotion plus rapide pour me rendre dans les différentes villes qui jalonneront mon chemin. Après avoir pu profiter de Milan grâce à l’hospitalité de Jehanne, il m’est venu à l’esprit qu’il y a de belles villes remplies d’histoires à découvrir. Certaines méritent un arrêt plus long qu’un jour et donnent envie de se relaxer. Ce serait dommage de ne voir que l’aspect challenge de faire plus de 4000 kilomètres en 40 jours. Il y a Sarajevo, Belgrade, Sofia et Istanbul. Je suis également pressé par le temps, pressé par ce rendez-vous à Tbilisi à 2800 kilomètres de là, entravé par mon départ trop tardif de Genève. Si je suis le chemin tracé sur ma carte, je n’aurait même pas la joie de découvrir Belgrade en Serbie, ville qu’étant tout petit, j’ai toujours confondu avec Bellegarde, à deux pas de chez moi, en France. Certains voyageurs à vélo ne concèdent aucuns kilomètres autrement qu’à vélo. Pour moi, chaque voyageur est différent, chaque voyage est différent. Nous n’avons pas tous le temps - sept ans - que Claude Marthaler a eu pour vagabonder à travers le monde. Je dispose de six à huit mois pour ma part et j’en suis déjà bien content. Je sais aussi qu’au travers de différents blogs, la Turquie est magnifique pour y pédaler. Je me fixe comme point de départ Istanbul. Je sais qu’après la Géorgie, je serais plus tranquille.

Après avoir discuté avec Unkas-l’aubergiste des différentes possibilités de rejoindre Beograd depuis Sarajevo, il me propose un shuttle bus à 25€ qui mange les 300 kilomètres en six heures et part le lendemain à 9h du matin. Je me dis que je vais faire jouer la concurrence et sort profiter de la ville trouver une compagnie de bus.

Il fait beau et relativement chaud. Nous sommes bien dans une grande ville, les dix kilomètres de périphérique traversés pour rentrer dans la ville hier soir en témoignent. Les trottoirs pullulent de monde. Malgré la guerre qui a perturbé la vie de la Bosnie dans les années 90  et les trois ans de siège de la ville par les Serbes (de 92 à 95), la ville semble se relever encore tout doucement. Je recherche des traces d’impact de balle sur les bâtiments. Je n’arrive pas à dissocier le mauvais état de certains immeubles d’éventuelles blessures par projectiles. N’ayant pas de guide de voyage, un peu lourd pour les nombreux pays traversé, je flâne librement. Sur conseil d’un ami, je me régale d’un burek. De la viande hachée enroulée dans une pâte qui semble être feuilletée elle-même enroulée à la façon d’un escargot. Le old Sarajevo, plus particulièrement le quartier de Baščaršija (qui se traduit par “principal marché“) regorge d’échoppes d’artisans où l’on peut tranquillement s’asseoir et se faire amener un narguilé accompagné d’un bon thé. Ma petite trotte m’emmène jusqu’à un énorme centre commercial. Je profite pendant quelques dizaines de minutes d’observer ce tumulte de gens. Troublant pour moi après plus de 10 jours de campagne tranquille.


N’ayant pas trouvé de prix plus attractifs pour le trajet de demain, je rentre à l’hostel confirmer à Unkas que je prends bien la navette direction Belgrade et m’attèle à la rédaction de l’épisode 2 de mon voyage pour le blog. Je commence aux alentours de 18h pour finir à 2h du matin. Durant l’écriture, je suis jovialement interrompu par une Ecossaise qui voyage souvent en Bosnie. Nous parlons du récent “No“ au référendum de l’indépendance de l’Ecosse et d’autres choses qui concernent les intérêts d’un peuple et ceux d’un gouvernement. Idéaliste dans l’âme, je prends beaucoup de plaisir à faire une impasse à la presse à sensation. Apprendre de l’intérieur. Selon elle, la plupart des journaux de Grande-Bretagne étaient défavorables à ce séparatisme. Dans certains cas, les médias écris ne sont pas indépendants et on tôt fait d’enterrer la neutralité qui leur incombe. Le monde de la politique et du journalisme sont parfois malheureusement trop proches. En finissant mes écrits, un pakistanais arrivé récemment dans la pièce à vivre me demande pourquoi je ne passe pas par son pays. “Because it’s dangerous“ lui dis-je. Je crois, et j’en suis intiment convaincu qu’il y a une vérité cachée parfois sur ce qu’il se passe réellement dans certains pays ou régions du monde. Nous sommes irrémédiablement pendus aux dires des mass-medias qui relaient une information trop généralisée parfois. Il me parle d’une amie allemande à lui, photos à l’appui, qui travaille dans une école de Shabqadar, heurtée par des attentats,  sans n’avoir aucun doute, peurs ou problèmes. Selon lui, la terreur est trop souvent banalisée dans les médias et l’on a trop vite fait de penser qu’une contrée devient dangereuse à cause d’un mauvais événement. Je le rejoins dans ses propos. Je suis déjà trop souvent dérangé par cette notion par laquelle l’on retient bien trop souvent les mauvaises actions d’un individu par rapport à ses bons actes. La société en fait malheureusement assez vite un épouvantail.

Il me détaille l’historique de la bataille entre le Pakistan, l’Inde et la Chine au sujet de cette région que l’on appelle le “cachemire indien“. Si vous regardez une carte du Pakistan, vous pouvez observer cette concentration de population autour de la rivière Indus qui prend sa source dans la chaîne de montagnes de l’Himalaya et qui se déverse dans la mer d’Arabie, elle-même accolée à l’océan indien. Tel le Nil coulant dans de nombreux pays africains et faisant prospérer les terres qu’il traverse, l’Indus en fait de même au Pakistan. Mais les rivières sont une source potentielle d’eau potable, et comme nous le savons également, l’Inde est le deuxième pays le plus peuplé du monde. Le rapport est facile. De nos jours, il est aisé de détourner le cours d’un ruisseau, d’une rivière ou d’un fleuve encore. Que ce soit pour des besoins énergétiques ou pour un des besoins primaires de l’être humain. C’est en partie ce qui génère cette guerre autour de ce territoire. Comme il me l’expose, les médias Indiens ont peut-être plus de poids donc plus d’influence au niveau international. L’Inde revendique encore l’intégralité de cette région historique. Le Pakistan, qui contrôle le Gilgit-Baltistan a pour sa part rétrocédé certains des ses territoires, l’Aksai-Chin et la vallée de Shaksgam à la Chine et ne revendique plus qu’une région, à savoir le Jammu-et-Cachemire. Selon lui, cette région est uniquement dangereuse si l’on est Pakistanais ou Indien. Au delà des triturations cérébrales que ce paragraphe a pu vous causer, je ne suis toujours pas convaincu de passer par là.

Je rejoins mon lit, fatigué mais heureux d’avoir terminé le récit de l’épisode 2. Je n’ai toujours pas fait mes sacoches, tant pis. Dans la foulée, de la réservation de mon transport, Unkas m’a d’ores et déjà réservé une nuit dans un auberge de jeunesse à Belgrade. Sans doute une collaboration entre collègues. L’ordre dans mes bagages n’a donc pas d’importance, on remplira tout demain matin.

Je me réveille à l’aube en même temps que les Australiens qui ont leur vol ce matin. Assez dur, j’espère être du côté fenêtre dans le minibus pour pouvoir dormir. Je bourre tout dans les sacoches. Il ne me reste plus que les photos à terminer pour mon récit, elles sont lourdes de poids et je n’arrive pas à tout télécharger. Qualité voulue oblige. La navette arrive peu après 9h, branle-bas de combat pour tout amener dans la rue. Le chauffeur fait une belle tronche en voyant mon vélo, il était pourtant au courant. Je l’aide à le caser dans le coffre ainsi que tous mes autres bagages. Il y a déjà du monde, deux amies américaines, l’une de Floride l’autre du Michigan, ainsi que deux turcs d’Istanbul, tous en vacances. Nous partons, 6h de route sont annoncées de la voix tonitruante du conducteur. Nous ferons une pause peu après la frontière Serbe. Je ne tarde pas à m’endormir. Les secousses dues à la route ne sont pas tendres.

Nous faisons un premier arrêt près d’une source d’eau. Nombreux sont les gens remplissant des bidons. Pas la patience d’attendre, un peu à cran par le manque de sommeil j’attends sagement dans le minibus. Nous repartons. Les paysages, une fois de plus, sont magnifiques dans cette Bosnie que je découvre pour la première fois. Je reviendrais, pour sûr. Nous sommes assez haut en altitude et au détour d’un virage, une mer de brouillard se dévoile devant nous. Une autre s’empare de ma tête, je me rendors. J’émerge peu avant la frontière, nous présentons nos passeports par deux fois. Un tampon pour la sortie de la Bosnie, un autre pour l’entrée en Serbie. L’arrêt promis après la frontière se fait dans un restaurant que notre conducteur connaît bien. Collaboration j’imagine. Un café et un sandwich ne calment pas mon envie de somnoler surtout que le bercement de l’autoroute que nous prenons près de Ruma m’emporte de nouveau dans les bras de Morphée.

A la sortie de l’autoroute, je m’éveille et comme nous entrons dans la périphérie du nouveau Beograd, notre chauffeur devient subitement guide. Il nous commente les nouveaux bâtiments fraîchement sortis de terre. Nous déposons les deux américaines à leur hôtel, un Ibis, lui aussi tout neuf, assez impersonnel. Pas franchement mon genre. Je dois dire que je n’ai aucune idée de là où l’on va me déposer. Unkas a transmis l’adresse à mon chauffeur. Petite précision, ce n’est pas qu’il ne m’a pas dit son nom notre berger, c’est juste que nous sommes dans des pays où je crois qu’il est nécessaire de faire répéter plusieurs fois un prénom à cause de la prononciation. Là, je ne l’ai toujours pas compris. J’espère souvent qu’une personne présente qui connaît ou a saisi le petit nom de la personne l’interpèle. Mais je crois que cela n’arrivera pas. Ce ne sera pas la dernière fois de ces huit mois.

Je suis lâché à quelques rues de mon auberge. Le quartier à l’air sympa. Unkas m’avait seulement prévenu que je serais dans une rue animée. Les terrasses déjà bien remplies en cette fin d’après-midi le prouvent. J’ai de la chance, une cour à l’arrière de l’immeuble me permet de mettre mon vélo en sécurité. L’auberge se trouve au premier des trois étages de l’immeuble. J’ai de nouveau choisi un dortoir, c’est là où les rencontres sont agréables et c’est toujours le moins cher. Dans ces pays, la nuit dans une chambre à huit tourne autour des dix euros. Je fais le check-in, pose mes affaires dans la chambre, embarque une map de la ville et file direction la gare. Je veux préparer la suite, à savoir trouver un train pour Sofia en Bulgarie. Allez savoir pourquoi, je n’ai même pas le réflexe de prendre mon vélo délesté de ses poids. Les avenues sont grandes, la circulation est fluide, sans accrocs. Néanmoins, plus je me dirige vers l’Est, plus les règles de circulations deviennent anarchiques.

Je trouve la gare après vingt minutes de déambulation hasardeuse. Il y a un guichet international. Ca tricote derrière la vitre. Je tente d’expliquer à la guichetière l’existence de ce fameux convoi, le Balkan Orient Express. J’ai eu beaucoup de peine à saisir son point de départ et son point d’arrivée sur les nombreux blogs consultés. Finalement, si j’ai bien compris, il est censé partir de Vienne en Autriche, termine son long voyage à Istanbul et il est assez compliqué de prendre des billets pour l’attraper en chemin. Qui ne tente rien n’a rien. Je tente. S’ensuit quelques minutes de baragouinage. Je jette l’éponge. Trop compliqué de se faire comprendre, même si au-dessus de ma tête le mot “International“ brille. Sur les piliers de la gare, je retrouve un peu de courage. Les horaires sont affichés sur un papier jauni par le temps, mon doigt glisse jusqu’à 21h50, Beograd-Sofia, arrivée à 7h le jour suivant. Il part tous les soirs. Un petit vélo est accolé au sigle de la 2ème classe. Retour au guichet pour se faire rassurer. La virago, de ses grosses mains, me mime un pliage de vélo. Hum… Je pense rester deux jours, je veux néanmoins être sûr au sujet de l’Orient Express, j’approfondirais à l’hostel et prendrait mon billet en circonstance demain. Retour dans ma rue chaleureuse.

Les restaurants sont légion dans cette petite ruelle pavée de bonnes intentions. Les tavernes traditionnelles serbes m’enchantent. Leurs mets aussi. Internet m’apprend que je me trouve dans la rue de Skadarlija, éponyme du quartier où je réside. C’est le coin fréquenté d’antan par les écrivains, acteurs et autres artistes d’époque. Le quartier bohème comme il est décrit. Après un bon Karadjordjeva šnicla, sorte de steak roulé et pané, et une bonne BIP, la bière locale, je rentre finir de publier l’épisode 2 avec toutes les photos.

Je me réveille ce matin au doux son d’une conversation espagnole entre deux amoureux qui se bécotent. J’ai l’impression que nous ne sommes que quatre dans ce dortoir. Je pense avoir croisé le dernier hier pendant le check-in. Un vieux bonhomme à l’air et aux manières peu commodes. Il est tard dans la matinée, j’en ai profité pour faire la grasse mat’. Je sors me chercher un déjeuner, il y a  plein d’épiceries dans le coin. On sent dans ces pays que nous sommes en pleine transition entre les petits commerces de proximité qui sentent bons les affaires familiales et les gros centres commerciaux impersonnels qui vous vendent ce qu’ils doivent écouler à tout prix. Une résistante de cette évolution m’offre mon bonheur pour pas grand chose.

A 13h je dégage, les blogs ne m’ont pas apportés de solution viable. Aujourd’hui, j’ai pris mon vélo. Première fois du voyage que je circule sans les sacoches, je manque de peu de me rétamer la figure après mon premier coup de pédale. Tellement habitué à cet équilibre et ce centre de gravité assez bas des bagages. La gare routière attenante à la ferroviaire me donne la possibilité de comparer les prix. Il faut passer par une agence touristique. Le train paraît plus simple tout d’un coup. Enfin, après l’histoire du train Italien, je me méfie. Mais comme me l’avait suggéré Jehanne, le culot ca marche de temps à autre. Je me muni d’un billet pour 2500 dinars serbe, soit environ 25.- CHF. Je dois naturellement payer un petit supplément pour le vélo, de 5.- CHF.

Des avions militaires survolent Belgrade en vue d'un défilé
Libre et heureux de ces deux jours qui s’annoncent météorologiquement radieux, je pars le long de la rivière Save qui rejoint un peu plus loin le fleuve du Danube. La piste cyclable est bien aménagée et largement empruntée par les nombreux vélos. Un plaisir. Des pêcheurs se pressent le long des berges. A la jonction des deux cours d’eau, sur la rive, se trouve un énorme centre sportif dédié au tennis vêtu de banderoles à la gloire de Novak Djokovic, on sent qu’il fait des émules ici. Juste derrière se dresse la forteresse de Belgrade et le parc de Kalemgdan. Je m’y rends par l’entrée dédiée au zoo et du petit parc d’attraction pour les enfants. Je grimpe pendant un moment et finit par arriver aux portes de la citadelle. Une exposition retrace tout le passé des tanks utilisés par le pays. Il y en a de toutes les tailles et de tous les genres. Je monte jusqu’au point culminant du parc de la forteresse. D’où je suis, je peux observer le nouveau Beograd, composé de bâtiments essentiellement construits après la deuxième guerre mondiale et l’ancien Beograd. L’histoire de cette ville s’étend sur 7000 ans. Un peu compliqué de tout vous expliquer ici. Elle a notamment été habitée par les Romains, les Huns, les Mongols, les Turcs et j’en passe.
 



A la jonction entre la Save et le Danube
Il fait beau et chaud. Ou chaud et beau. Tout dépend de quelle côté de la contrepèterie on se situe. En tout cas, quand il fait chaud et que je porte mon casque, le contact avec le sagex et ma peau à tendance à accélérer l’écoulement de sueur sur mon visage et particulièrement dans mes yeux. Un bon vieux bandana devrait aisément éponger toute cette désagréable affaire. J’imagine qu’il y a un centre commercial dans ce Novi Beograd et m’y rends sans attendre. Juste sur la droite après avoir traversé le pont de Branko, un immense centre commercial flambant neuf se dresse. Il y a un mélange d’enseignes nationales et internationales. Le coût de la vie est ici agréable pour ma bourse de voyageur. Je trouve mon bonheur assez rapidement.


Dans un centre commercial 
Des gens attendent un défilé dans un centre commercial





En reprenant le pont au retour, je me rends compte que des tanks font des manœuvres le long du pont. Ils s’alignent militairement de part et d’autre d’une route en contre-bas. Les soldats ont l’air de rigoler et de plaisanter avec les badauds, je me doute qu’il est plus question de manifestation que de manigances de guerre.
 





Ligne de tram à Belgrade




Arrivé dans ma rue, je choisis un autre restaurant et une autre spécialité culinaire. Beaucoup de viande dans les plats proposés sur le menu. Généralement, les légumes ne font pas partie de l’assiette, il faut souvent les commander en supplément. Passé 19h, les restaurants se font assaillir par des musiciens en bande organisée. Ils viennent nous honorer de musique traditionnelle serbe agrémentée de quelques reprises bien connue à la sauce tzigane. Ils sont marrants, ils ne jouent pas devant tout le monde mais entourent chacune des tables une à une et font une chanson avant de choisir une autre “victime“. Sitôt les troubadours repartis, j’entends au loin une batterie, une vraie ! Elle me rappelle que la mienne me manque. Je paie et me dirige vers l’origine du bruit. Un batteur est en train d’installer sa batterie sur une minuscule scène dans un minuscule bar. Le serveur m’apprend que ce sera musique traditionnelle serbe et reprise rock. La BIP à la pression n’est pas chère. Tout est réuni pour rester. Je rentre à la fin du concert, espérons qu’il y ait encore du monde éveillé mais hors saison il n’y a plus foule dans ces auberges. J’en profite pour faire un Skype avec ma famille.

Ce matin, le check-out est prévu à 12h, il est 11h quand je me réveille. J’ai eu de la peine à dormir. Le vieux bougon de la chambre est rentré hier soir un peu bourré. Lorsque je suis repassé par l’auberge hier, il se préparait et m’avait conté sa vie de journaliste musical entre Londres et Sarajevo, sa ville natale. Il allait assister à un concert d’un prodige de la musique macédonienne et une réception s’ensuivrait. Il en a bien profité à mon avis. Dans le coton, je prépare mes sacoches à la va-vite. De nouveau dans une auberge demain, j’entasse tout. Je garde juste le plus important en haut pour le voyage en train de ce soir. D’un commun accord avec Marina la réceptionniste, j’entasse mon fourbi dans un coin de l’entrée.


Une fresque de l'artiste “Blu“ orne un vieil immeuble
https://www.youtube.com/watch?v=uuGaqLT-gO4
Le nouveau Belgrade m’interpelle, j’ai envie de m’enfoncer plus profondément dans cette partie de la ville. Je refais le même itinéraire que hier. Je fais le tour de ses pâtés de maison mais rien de très intéressant. Des bâtiments de béton décrépit un peu partout. Sur Google Maps, ils sont même affublés de numéros. Il y a juste le Palace de Serbie utilisé par différents ministères qui vaut le détour. Je fuis ce ciment aggloméré. J’emprunte à nouveau ce pont et aujourd’hui, de plus gros tanks sont déchargés d’immenses camions de transport. Dans le ciel, on entend gronder le vol des avions de l’armée. Y aurait-il une parade qui s’organise ? L’armée ne m’intéresse pas plus que ca et l’idée de se reposer à l’ombre d’un arbre dans le parc de la forteresse est bien plus forte.

Je somnole et profite des 25°C de cet été indien en ce 11 octobre qui semble inonder toute l’Europe. Après deux heures de chill intensif, un Skype avec Wanda, ma copine restée au pays, m’attend à l’hostel. J’avoue que c’est une raison de ce voyage, déconnecter de tous ces appareils. Cela reste quand même un plaisir d’avoir cette technologie que nos parents n’avaient pas pour pouvoir rester en contact. Et indubitablement, les proches vous manquent.
 


Parade de bateaux militaires sur la Save



Chacun sa couchette

Le resto d’hier m’a beaucoup plus j’y retourne. Les Américaines du minibus passent, on se salut. Je les plains d’avoir à faire autant de trajet pour se rendre au centre de la ville depuis leur hôtel. A 20h, je suis de retour à l’hôtel. Je suis assez stressé. J’espère que le vélo pourra rentrer, qu’il y aura une petite place pour lui bien qu’il ne soit pas vraiment pliable. Je prévois d’être sur le quai à 21h, soit presque une heure avant le départ. Je prépare le vélo et m’enfonce dans la nuit. Le plaisir des sensations retrouvées avec le vélo chargé et l’équilibre plus sûr. Je traverse la gare archaïque aux quais défoncés et retrouve mon train, sagement endormi, toutes lumières éteintes. Je parviens à ouvrir les portes et m’installer près d’un endroit où mon vélo est casé en vertical sans importuner personne. Le mauvais côté de la chose c’est que je suis près des toilettes. Je m’attends aux aller-retour et claquements de portes intempestifs. Tiens, le train s’allume, quelques asiatiques qui n’osait pas monter se pressent à la recherche d’une bonne place. Le convoi comporte quelques wagons couchette. Mon vélo m’interdit ce confort. Je veux l’avoir en visuel durant le trajet. Le train se remplit petit à petit, un petit vieux vient s’installer à la dernière minute et nous partons à l’heure. Je dois dire que je ne me suis jamais senti en insécurité mais ce train, de nuit et crasseux, ne me rassure guère. L’arrivée est prévue demain matin à huit heures.


Mon compagnon ronflant de voyage
Après une heure d’utilisation constante, les latrines déchargent une odeur pestilentielle d’urine. J’en viens presque à remercier les nombreuses personnes s’allumant une tige malgré le signe bien voyant de l’interdiction de fumer. J’aimerais bien changer de place mais je dois garder un œil sur mon vélo. Je suis quand même bien mieux dans la nature. Moins de contraintes. Je m’assoupis par moment mais le roulis du train est rude, la mauvaise qualité des rails en est la cause. Le train fait plusieurs arrêts, dont un particulièrement long à Nis pour le changement des équipes. Le train ramène une flopée de noctambules bien imbibés. Bien de quoi me rassurer.



Arrêt à Nis
Nous arrivons à Dimitrovgrad, dernier arrêt avant la Bulgarie. Les douaniers Serbes font une inspection du train et de nos passeports. Le mien ne pose pas de problème, les autres sont examinés sous toutes les coutures. Les dessous de sièges sont tâtés et les faux plafonds ouverts. Il est 6h, le jour s’est déjà installé. Le convoi se remet en branle et nous nous arrêtons juste après la délimitation entre les deux pays. Les douaniers Bulgares font leur entrée, embarquent tous les passeports sauf le mien qui est ouvert, aussitôt refermé et m’est remis avec un chaleureux sourire. J’avais déjà entendu parler du sentiment d’assurance que suscitait le “passeport rouge à croix blanche“ mais pas à ce point là.

Encore quelques kilomètres et nous arrivons à Sofia. Nous sommes en avance d’une heure. Je foule le quai à 7h. Il est dimanche très tôt, très peu de monde. La gare est dans un piteux état, au loin j’aperçois des ouvriers magnant une visqueuse répandant des gerbes d’étincelles. Avec la brume et cet escalator défoncé on se croirait dans un décor de film d’après-guerre ou dans un jeu vidéo militaire. Abandonnée et fantomatique. Des taximen nous hèlent afin de nous proposer leurs services. Je descends mon vélo du train et ils n’insistent pas. En sortant, on remarque en fait que la Central Sofia Station se refait une beauté toute entière. Tant mieux, un bon coup de neuf ne lui fera pas de mal.

En suivant les indications de l’hostel 10 Coins où je nicherais ce soir, je suis à l’air libre le métro qui se trouve sous mes pieds et arrive à la station Khan Kubrat. Je ne suis plus très loin. Je sonne à la porte bien avant l’heure du check-in mais j’ai franchement envie de me débarrasser de mes affaires et de manger un morceau. Nick m’accueille cordialement. Un Ukrainien qui avait dans l’idée, avant les débordements, d’ouvrir cette petite affaire dans son pays natal. Les armes en ont décidés autrement. Il m’emmène immédiatement à ma chambre, un dortoir que je partage avec des personnes de presque chaque continent. Un supermarché pas très loin me permet de m’acheter une bonne collation. Sur les bonnes indications de Nick j’emprunte le métro jusqu’à la gare où je suis arrivée ce matin car la station de bus international se trouve juste à côté. C’est le moyen le plus simple pour rallier Istanbul. Le réseau de chemin de fer est compliqué ici, il faudra de toute manière que je prenne un bus, autant le prendre dès le début. Première question au guichet : le vélo c’est bon ? Ca peut rentrer dans la soute? “No problem my friend, no problem“

Station de métro de Lion Bridge
Je repars ensuite à pied direction le centre ville. Je passe par les galeries du métro sous une gigantesque place en pleine renaissance et à mon grand étonnement, la station est très élégante. Le contraste est fort avec ce que j’ai vu le matin même. Les rues et les terrasses sont remplies de monde en ce dimanche 12 octobre. Le temps attendu pour une pizza commandée en témoigne. Je flâne encore un bon moment près de la mosquée et du marché couvert. Là est toute l’opposition de ce voyage. En vélo, je profite de tout ce m’offre les alentours d’une ville, à pied dans une ville je suis réduis à voir ce que les guides mentionnent comme “à ne pas louper“. Je n’aurais pas le temps de sortir de la ville pour visiter les alentours de Sofia. Nick m’a dit que toutes les curiosités à voir prenaient une journée. J’essaie d’en garder pour demain car mon bus ne part qu’à 23h. En fin de journée, je rentre à l’auberge. Encore quelques Skype pour rassurer. En demandant à Nick si je peux quand même laisser mes affaires dans un coin pour la journée de demain, il m’indique un restaurant chinois pas très loin. Je me remplis la panse pour pas grand chose et rentre rattraper mon sommeil perdu dans le voyage de la nuit précédente.

Maison de l'ancien Parti Communiste


Je me réveil assez tôt. Il y a une chose quand même qui est primordial dans la société dans laquelle nous vivons actuellement, c’est l’électricité. Je recharge tout ce qui doit être rechargé. J’ai pris le risque de prendre mon ordinateur pour ce voyage, deux kilos, mais je ne le regrette pas. Un cadeau de mes parents en avance pour mon anniversaire, une liseuse, est grassement remplie de livres gratuits sur Internet en tous genres. J’ai le temps de lire et j’ai toujours voulu aborder les écrits de Nietzsche, de Balzac, Proust ou tout simplement relire les fables de La Fontaine. Les quelques grammes de la liseuse contre les quelques kilos de bouquin que j’aurais dû emmener avec moi me rendent bien service. Même si cela ne remplacera jamais l’odeur et le plaisir d’en tenir un vrai dans les mains.







Cathédrale Alexandre-Nevski
Je mets les voiles en début d’après midi terminer ma visite du centre de Sofia. Les rues sont plus calmes aujourd’hui. J’essaie de trouver une banane ou un petit sac pour éviter d’avoir constamment les mains dans les poches. Un argentin m’a raconté hier soir comment il s’était fait voler son appareil photo reflex à une station métro. Un pickpocket a ouvert son sac qui se trouvait entre ses jambes et il le lui a dérobé. Mon trajet me mène jusqu’au Palais National de la Culture et je rebrousse chemin. Ne trouvant pas ce que je cherche, je m’arrête dans le parc devant le théâtre national resplendissant. Je continue ensuite vers la cathédrale Alexandre-Nevski. Le dôme à l’intérieur est impressionnant. Malgré les recommandations d’usage dans ces lieux saints, un asiatique s’époumone dans son téléphone portable et un autre prend des photos en dépit de l’interdiction. Dans le silence, une vieille femme bulgare engage une conversation murmurée avec moi. Elle est heureuse de pouvoir parler français, et me fais une visite des lieux. En sortant, je me dirige vers une place où quelques fontaines crachent de l’eau de source, chaude et froide. Nick m’a raconté que si je venais tôt le matin, je pouvais voir des sans-domiciles venir s’y laver. En cette fin d’après-midi, tous les passants viennent y boire ou remplir des bouteilles. Je termine cette journée en allant voir l’église rotonde Saint-Georges. Elle a la particularité d’être cintré autour des nouveaux bâtiments de la présidence. En effet, lorsque le président décida de bâtir le nouveau lieu de rassemblement du gouvernement bulgare, il voulut détruire cette église. L’UNESCO vint lui rappeler qu’elle était classée et qu’il ne pouvait pas la détruire. Il accepta et… construit simplement le palais autour de celle-ci.
 
Dans une rue de Sofia

Les fameuses sources d'eau gratuites
Devant le palais présidentiel


A 18h, je retourne ensuite préparer mes bagages à l’auberge et “développer“ mes photos. Je me rends une nouvelle fois au restaurant chinois puis après la photo souvenir avec Nick, je pars en direction de la gare routière. En attendant le bus, je rencontre Nadia, une bulgare faisant ses études à Sofia. N’ayant pas les moyens de voyager, elle a trouvé une autre manière de rencontrer des voyageurs, elle propose la formule du Couchsurfing. Sympathique comme tout, je regrette de n’avoir pas cherché ici. Avec un sourire, elle me dit que je “triche“ en prenant le bus, je lui réponds simplement que je “voyage“. Ah oui je sais bien que je devrais tout faire à vélo, c’est ce qui est écrit sur la mention “je-voyage-à-vélo“ pour tout le monde mais je suis pressé par le rendez-vous à Tbilisi et en même temps j’ai envie de voir ces villes. Bref, je fais ce que je veux… C’est mon voyage. Le chauffeur du bus soupir en voyant mon vélo, me répéte “more easy“ et me mime quelqu’un qui conduit une voiture. Allez, je n’en peux plus. Montons dans ce bus.

Je suis réveillé à la frontière. Toujours la même chanson, un tampon pour sortir du pays et… ah non. Nous devrons montrer à trois reprises nos passeports aux autorités turques. Un couple d’afro-américains voyageant avec nous passe autant de temps au guichet que toutes les personnes présentes dans le bus. Le racisme me rebute toujours autant. Arrêt au duty-free et c’est reparti.

Vue sur le quartier du Levent à Istanbul

Aujourd'hui, c'est école buissonnière pour moi
 Nous arrivons aussi en avance à Istanbul sur les coups de 7h. Une heure d’avance. La gare routière est une vraie ruche. Les bus s’arrêtent où ils peuvent et dégueulent leurs passagers et leurs bagages. Je me fraye un chemin vers la sortie. Les captures d’écran du chemin que je dois emprunter pour me rendre à l’auberge m’indiquent huit kilomètres, deux heures de marche. Voyons si cela prend vraiment moins de temps à vélo. Tout le monde me dévisage. Nous sommes dans un pays majoritairement musulman, les nombreux minarets en témoignent. Le trajet est sympa. Un peu chaotique mais sympa. Ca monte et ca descends assez souvent mais je peux découvrir la ville de cette manière. Tout  le monde file à son boulot ou à l’école, une vraie fourmilière. Ce matin, j’ai clairement l’impression de faire l’école buissonnière. Je mets quand même un sacré moment à trouver cette foutue auberge. Les escaliers sont aussi utilisables quand l’itinéraire est calculé pour des gens à pieds ce qui ne m’arrange guère. Au fil de nombreux détours je fini par la trouver.
 

Vue sur Istanbul

Vue sur la tour de Galata depuis la terrasse de l'hôtel
Je m’installe dans la chambre. J’ai besoin d’une douche mais je ne trouve pas mon linge microfibre. J’ai dû l’oublier dans les lessives de Sarajevo. Mission de la journée, en trouver un nouveau. Je m’empare de mon vélo et file direction le grand bazar. Les kebabs sont délicieux ici. Rien à voir avec cette masse de matière grasse qu’on nous sert par chez nous. C’est fin et raffiné. J’hésite à m’en engloutir un troisième. Les turcs klaxonnent pour un oui ou pour un non. Je fais le malin avec ma sonnette mais elle ne me sert pas à grand chose. Je m’arrête vers mosquée Süleymaniye. Mais la curiosité que suscite mon vélo me fait douter de l’abandonner, même cadenassé, dans la rue. Je me console avec un café turc, le serveur essaie de m’arnaquer et je repars en direction de la tour de Galata, où se trouve ma maison temporaire. L’activité au bord de cette branche du détroit du Bosphore est impressionnante. Une flopée de pêcheurs envahissent le pont de Galata qui lui-même est traversé par en-dessous d’une multitude de petits bateaux. Je termine la journée par un petit resto pas très cher et épuisé, m’écroule dans mon lit.
 
Depuis le pont de Galata

Dans le quartier de Tünel
Il est 8h45, le déjeuner est servi jusqu’à 9h. Je me dépêche de monter sur cette magnifique terrasse qui nous permet d’embrasser Istanbul d’un coup d’œil panoramique. Je me promène ensuite dans le quartier autour. Les chats, omniprésents, ont une sale tête. Après le port où sont amarrés les buildings des mers, je remonte jusqu’à très grosse artère commerçante. Un vieux tram y passe. Sans le savoir, je suis dans le quartier de Tünel. Les baklavas impeccablement alignés dans les vitrines me font saliver. Une de mes pâtisseries préférées. Elles sont vendues au kilo, je n’y vais pas de main morte. En rentrant pour midi, je découvre avec grande surprise une petite rue remplie de magasins de musique. Bon dieu, mais oui Tünel ! Le quartier des musiciens. Je m’étais renseigné sur les blogs avant de partir. La Turquie, plus spécifiquement Istanbul, est un endroit où sont créés, en tout cas pour moi, les meilleures cymbales de batterie. Celles qui ont un son original et riche en harmoniques. Je ne traîne pas, j’ai encore rendez-vous pour un Skype, décidemment. Mais je reviendrais plus tard.



Quartier de Tünel



Un magasin remplie QUE de cymbales
Après le repas de midi, je repars à pied cette fois-ci en direction de la mosquée Süleymaniye. Après avoir retiré mes chaussures (qui puent) et fait quelques pas sur un tapis épais et moelleux je découvre ce splendide spectacle. Une voute perchée à cinquante mètres de hauteur ornée de motifs. Seulement sept ans pour bâtir cet immense édifice. Après avoir traversé le grand bazar et le bazar égyptien, je visite encore la mosquée Bleue, me promène dans le quartier alentour et retourne fissa, en m’avalant quelques baklavas, à Tünel. J’ai bien envie d’essayer ces cymbales reluisantes que j’ai vu ce matin. De toute façon, autant au bazar que dans ce magasin de musique je ne peux que regarder. Je n’ai vraiment pas la place d’emporter quoi que ce soit. Mon rêve est enfin accompli, je peux toucher simultanément dix cymbales de la marque “Alchemy“. Les magasins on-line sur Internet ayant fait disparaître une à une les échoppes à Genève, il devenait difficile de pouvoir entendre une cymbale avant de l’acheter. Les prix sont corrects. Je reviendrais pour sûr. Pleins de groupes de musique donnent une atmosphère joyeuse à ce quartier. Comme s’il fallait convaincre des réticents à s’acheter un instrument.

Un groupe de musique de rue dans le quartier de Tünel

Un groupe de musique de rue dans le quartier de Tünel

Un magasin de musique dans le quartier de Tünel


Comme la cuisine est relativement bien équipée, ce soir j’ai un rêve : me préparer un émincé à la zurichoise. Je trouve le nécessaire chez un maraîcher et dans une “Migros“ qui, à part son enseigne et sa couleur similaire à la nôtre, ne contient aucun produit exporté de Suisse. Le résultat n’est pas trop mal mais loin d’avoir le même goût qu’à la maison.


Voilà, c’est mon dernier soir de ce voyage dans le voyage. Je profite des températures clémentes pour préparer la suite du trip en vélo sur la terrasse. La carte est étalée sur la table. Ma monture reprend ses droits pour mon plus grand plaisir. Elle qui a été attachée dans la rue pendant ces deux jours passés ici. J’ai eu très peur de me faire voler mon vélo. De manière générale, cette ville m’inspirait un peu un sentiment d’insécurité mais après une heure passée à marcher, on se rend compte qu’il n’en est rien. Bien entendu comme toute grande ville, c’est sale. Une chose est cependant sûre, je ne mangerais pour rien au monde les poissons pêchés dans le Bosphore. Une autre chose est également sûre, je me réjouis d’ores et déjà de revenir. Les magasins de musique m’ont fait les yeux doux. En fait la ville m’a fait les yeux doux, il y a tellement de chose à faire ici. Tellement de choses différentes. De quoi ramener quantité de souvenirs. De quoi passer de bons moments. Allez, au dodo, mon vélo et la Turquie m’attendent demain matin.

Istanbul

Istanbul

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