Episode 3 de Sarajevo à Istanbul (jours 19 à 26)
Yerevan - Arménie, le dimanche 16 novembre 2014
Hier
soir je suis arrivé au Balkan Hostel dans tous mes états. Avec 190 kilomètres
au compteur et levé à 7h, le jour précédent, je sors de ma torpeur avec délicatesse.
Des gens sont rentrés cette nuit dans ce dortoir à 3 lits superposés. Des
Australiens, deux sœurs et un frère. Le matelas est mauvais, j’en viens presque
à regretter de ne pas avoir dormi sur le mien. L’odeur d’ammoniaque et de vieux
souffre émane de mes sacoches qui contenaient mes vêtements non lavés depuis
Milan. Il n’en faut pas plus pour me motiver à ranger mon bazar. J’ai tendance
à laisser choir mes affaires un peu partout mais que voulez-vous, je voyage
avec ma maison.
Je
suis enfin dans une grande ville. Pas mécontent. Je m’aventure aux différents
guichets des distributeurs automatiques d’argent des banques, pour faire le
plein de sous, certains acceptent ma carte d’autres non. Les odeurs de
nourritures alléchantes s’entremêlent. Un logo rouge et jaune me pique les
yeux. Ayant eu une discussion philosophique entre le goût du BigMac italien et
suisse avec Jehanne à Milan, je décide d’aller dans ce certain fast-food
vérifier son goût et son prix. Triste pour un déjeuner de citoyen lambda, différent
pour un bourlingueur coutumier des pâtes à toutes heures.
Les
jours qui ont précédés mon arrivée à Sarajevo, j’ai décidé de trouver un moyen
de locomotion plus rapide pour me rendre dans les différentes villes qui
jalonneront mon chemin. Après avoir pu profiter de Milan grâce à l’hospitalité
de Jehanne, il m’est venu à l’esprit qu’il y a de belles villes remplies
d’histoires à découvrir. Certaines méritent un arrêt plus long qu’un jour et
donnent envie de se relaxer. Ce serait dommage de ne voir que l’aspect
challenge de faire plus de 4000 kilomètres en 40 jours. Il y a Sarajevo,
Belgrade, Sofia et Istanbul. Je suis également pressé par le temps, pressé par
ce rendez-vous à Tbilisi à 2800 kilomètres de là, entravé par mon départ trop
tardif de Genève. Si je suis le chemin tracé sur ma carte, je n’aurait même pas
la joie de découvrir Belgrade en Serbie, ville qu’étant tout petit, j’ai
toujours confondu avec Bellegarde, à deux pas de chez moi, en France. Certains
voyageurs à vélo ne concèdent aucuns kilomètres autrement qu’à vélo. Pour moi,
chaque voyageur est différent, chaque voyage est différent. Nous n’avons pas
tous le temps - sept ans - que Claude Marthaler a eu pour vagabonder à travers
le monde. Je dispose de six à huit mois pour ma part et j’en suis déjà bien
content. Je sais aussi qu’au travers de différents blogs, la Turquie est
magnifique pour y pédaler. Je me fixe comme point de départ Istanbul. Je sais
qu’après la Géorgie, je serais plus tranquille.
Après
avoir discuté avec Unkas-l’aubergiste des différentes possibilités de rejoindre
Beograd depuis Sarajevo, il me propose un shuttle bus à 25€ qui mange les 300 kilomètres
en six heures et part le lendemain à 9h du matin. Je me dis que je vais faire
jouer la concurrence et sort profiter de la ville trouver une compagnie de bus.
Il
fait beau et relativement chaud. Nous sommes bien dans une grande ville, les
dix kilomètres de périphérique traversés pour rentrer dans la ville hier soir
en témoignent. Les trottoirs pullulent de monde. Malgré la guerre qui a
perturbé la vie de la Bosnie dans les années 90
et les trois ans de siège de la ville par les Serbes (de 92 à 95), la
ville semble se relever encore tout doucement. Je recherche des traces d’impact
de balle sur les bâtiments. Je n’arrive pas à dissocier le mauvais état de
certains immeubles d’éventuelles blessures par projectiles. N’ayant pas de
guide de voyage, un peu lourd pour les nombreux pays traversé, je flâne
librement. Sur conseil d’un ami, je me régale d’un burek. De la viande hachée
enroulée dans une pâte qui semble être feuilletée elle-même enroulée à la façon
d’un escargot. Le old Sarajevo, plus
particulièrement le quartier de Baščaršija
(qui se traduit par “principal marché“) regorge d’échoppes d’artisans où l’on
peut tranquillement s’asseoir et se faire amener un narguilé accompagné d’un
bon thé. Ma petite trotte m’emmène jusqu’à un énorme centre commercial. Je
profite pendant quelques dizaines de minutes d’observer ce tumulte de gens.
Troublant pour moi après plus de 10 jours de campagne tranquille.
N’ayant
pas trouvé de prix plus attractifs pour le trajet de demain, je rentre à
l’hostel confirmer à Unkas que je prends bien la navette direction Belgrade et
m’attèle à la rédaction de l’épisode 2 de mon voyage pour le blog. Je commence
aux alentours de 18h pour finir à 2h du matin. Durant l’écriture, je suis
jovialement interrompu par une Ecossaise qui voyage souvent en Bosnie. Nous
parlons du récent “No“ au référendum de l’indépendance de l’Ecosse et d’autres
choses qui concernent les intérêts d’un peuple et ceux d’un gouvernement.
Idéaliste dans l’âme, je prends beaucoup de plaisir à faire une impasse à la
presse à sensation. Apprendre de l’intérieur. Selon elle, la plupart des journaux
de Grande-Bretagne étaient défavorables à ce séparatisme. Dans certains cas,
les médias écris ne sont pas indépendants et on tôt fait d’enterrer la
neutralité qui leur incombe. Le monde de la politique et du journalisme sont parfois malheureusement trop proches. En finissant mes écrits, un pakistanais arrivé
récemment dans la pièce à vivre me demande pourquoi je ne passe pas par son
pays. “Because it’s dangerous“ lui
dis-je. Je crois, et j’en suis intiment convaincu qu’il y a une vérité cachée
parfois sur ce qu’il se passe réellement dans certains pays ou régions du
monde. Nous sommes irrémédiablement pendus aux dires des mass-medias qui relaient une information trop généralisée parfois.
Il me parle d’une amie allemande à lui, photos à l’appui, qui travaille dans
une école de Shabqadar, heurtée par des attentats, sans n’avoir aucun doute, peurs ou problèmes.
Selon lui, la terreur est trop souvent banalisée dans les médias et l’on a trop
vite fait de penser qu’une contrée devient dangereuse à cause d’un mauvais
événement. Je le rejoins dans ses propos. Je suis déjà trop souvent dérangé par
cette notion par laquelle l’on retient bien trop souvent les mauvaises actions
d’un individu par rapport à ses bons actes. La société en fait malheureusement
assez vite un épouvantail.
Il
me détaille l’historique de la bataille entre le Pakistan, l’Inde et la Chine au
sujet de cette région que l’on appelle le “cachemire indien“. Si vous regardez
une carte du Pakistan, vous pouvez observer cette concentration de population
autour de la rivière Indus qui prend sa source dans la chaîne de montagnes de
l’Himalaya et qui se déverse dans la mer d’Arabie, elle-même accolée à l’océan
indien. Tel le Nil coulant dans de nombreux pays africains et faisant prospérer
les terres qu’il traverse, l’Indus en fait de même au Pakistan. Mais les
rivières sont une source potentielle d’eau potable, et comme nous le savons
également, l’Inde est le deuxième pays le plus peuplé du monde. Le rapport est
facile. De nos jours, il est aisé de détourner le cours d’un ruisseau, d’une
rivière ou d’un fleuve encore. Que ce soit pour des besoins énergétiques ou
pour un des besoins primaires de l’être humain. C’est en partie ce qui génère
cette guerre autour de ce territoire. Comme il me l’expose, les médias Indiens
ont peut-être plus de poids donc plus d’influence au niveau international.
L’Inde revendique encore l’intégralité de cette région historique. Le Pakistan,
qui contrôle le Gilgit-Baltistan a pour sa part rétrocédé certains des ses territoires,
l’Aksai-Chin et la vallée de Shaksgam à la Chine et ne revendique plus qu’une
région, à savoir le Jammu-et-Cachemire. Selon lui, cette région est uniquement
dangereuse si l’on est Pakistanais ou Indien. Au delà des triturations
cérébrales que ce paragraphe a pu vous causer, je ne suis toujours pas
convaincu de passer par là.
Je
rejoins mon lit, fatigué mais heureux d’avoir terminé le récit de l’épisode 2.
Je n’ai toujours pas fait mes sacoches, tant pis. Dans la foulée, de la
réservation de mon transport, Unkas m’a d’ores et déjà réservé une nuit dans un
auberge de jeunesse à Belgrade. Sans doute une collaboration entre collègues.
L’ordre dans mes bagages n’a donc pas d’importance, on remplira tout demain
matin.
Je
me réveille à l’aube en même temps que les Australiens qui ont leur vol ce
matin. Assez dur, j’espère être du côté fenêtre dans le minibus pour pouvoir
dormir. Je bourre tout dans les sacoches. Il ne me reste plus que les photos à
terminer pour mon récit, elles sont lourdes de poids et je n’arrive pas à tout
télécharger. Qualité voulue oblige. La navette arrive peu après 9h, branle-bas
de combat pour tout amener dans la rue. Le chauffeur fait une belle tronche en
voyant mon vélo, il était pourtant au courant. Je l’aide à le caser dans le
coffre ainsi que tous mes autres bagages. Il y a déjà du monde, deux amies
américaines, l’une de Floride l’autre du Michigan, ainsi que deux turcs
d’Istanbul, tous en vacances. Nous partons, 6h de route sont annoncées de la
voix tonitruante du conducteur. Nous ferons une pause peu après la frontière
Serbe. Je ne tarde pas à m’endormir. Les secousses dues à la route ne sont pas
tendres.
Nous
faisons un premier arrêt près d’une source d’eau. Nombreux sont les gens remplissant
des bidons. Pas la patience d’attendre, un peu à cran par le manque de sommeil
j’attends sagement dans le minibus. Nous repartons. Les paysages, une fois de
plus, sont magnifiques dans cette Bosnie que je découvre pour la première fois.
Je reviendrais, pour sûr. Nous sommes assez haut en altitude et au détour d’un
virage, une mer de brouillard se dévoile devant nous. Une autre s’empare de ma
tête, je me rendors. J’émerge peu avant la frontière, nous présentons nos
passeports par deux fois. Un tampon pour la sortie de la Bosnie, un autre pour
l’entrée en Serbie. L’arrêt promis après la frontière se fait dans un
restaurant que notre conducteur connaît bien. Collaboration j’imagine. Un café
et un sandwich ne calment pas mon envie de somnoler surtout que le bercement de
l’autoroute que nous prenons près de Ruma m’emporte de nouveau dans les bras de
Morphée.
A la
sortie de l’autoroute, je m’éveille et comme nous entrons dans la périphérie du
nouveau Beograd, notre chauffeur devient subitement guide. Il nous commente les
nouveaux bâtiments fraîchement sortis de terre. Nous déposons les deux
américaines à leur hôtel, un Ibis, lui aussi tout neuf, assez impersonnel. Pas
franchement mon genre. Je dois dire que je n’ai aucune idée de là où l’on va me
déposer. Unkas a transmis l’adresse à mon chauffeur. Petite précision, ce n’est
pas qu’il ne m’a pas dit son nom notre berger, c’est juste que nous sommes dans
des pays où je crois qu’il est nécessaire de faire répéter plusieurs fois un
prénom à cause de la prononciation. Là, je ne l’ai toujours pas compris.
J’espère souvent qu’une personne présente qui connaît ou a saisi le petit nom
de la personne l’interpèle. Mais je crois que cela n’arrivera pas. Ce ne sera
pas la dernière fois de ces huit mois.
Je
suis lâché à quelques rues de mon auberge. Le quartier à l’air sympa. Unkas
m’avait seulement prévenu que je serais dans une rue animée. Les terrasses déjà
bien remplies en cette fin d’après-midi le prouvent. J’ai de la chance, une
cour à l’arrière de l’immeuble me permet de mettre mon vélo en sécurité.
L’auberge se trouve au premier des trois étages de l’immeuble. J’ai de nouveau
choisi un dortoir, c’est là où les rencontres sont agréables et c’est toujours
le moins cher. Dans ces pays, la nuit dans une chambre à huit tourne autour des
dix euros. Je fais le check-in, pose mes affaires dans la chambre, embarque une
map de la ville et file direction la gare. Je veux préparer la suite, à savoir
trouver un train pour Sofia en Bulgarie. Allez savoir pourquoi, je n’ai même
pas le réflexe de prendre mon vélo délesté de ses poids. Les avenues sont
grandes, la circulation est fluide, sans accrocs. Néanmoins, plus je me dirige
vers l’Est, plus les règles de circulations deviennent anarchiques.
Je
trouve la gare après vingt minutes de déambulation hasardeuse. Il y a un
guichet international. Ca tricote derrière la vitre. Je tente d’expliquer à la
guichetière l’existence de ce fameux convoi, le Balkan Orient Express. J’ai eu
beaucoup de peine à saisir son point de départ et son point d’arrivée sur les
nombreux blogs consultés. Finalement, si j’ai bien compris, il est censé partir
de Vienne en Autriche, termine son long voyage à Istanbul et il est assez
compliqué de prendre des billets pour l’attraper en chemin. Qui ne tente rien
n’a rien. Je tente. S’ensuit quelques minutes de baragouinage. Je jette
l’éponge. Trop compliqué de se faire comprendre, même si au-dessus de ma tête
le mot “International“ brille. Sur les piliers de la gare, je retrouve un peu
de courage. Les horaires sont affichés sur un papier jauni par le temps, mon
doigt glisse jusqu’à 21h50, Beograd-Sofia, arrivée à 7h le jour suivant. Il
part tous les soirs. Un petit vélo est accolé au sigle de la 2ème
classe. Retour au guichet pour se faire rassurer. La virago, de ses grosses
mains, me mime un pliage de vélo. Hum… Je pense rester deux jours, je veux
néanmoins être sûr au sujet de l’Orient Express, j’approfondirais à l’hostel et
prendrait mon billet en circonstance demain. Retour dans ma rue chaleureuse.
Les
restaurants sont légion dans cette petite ruelle pavée de bonnes intentions.
Les tavernes traditionnelles serbes m’enchantent. Leurs mets aussi. Internet
m’apprend que je me trouve dans la rue de Skadarlija, éponyme du quartier où je
réside. C’est le coin fréquenté d’antan par les écrivains, acteurs et autres
artistes d’époque. Le quartier bohème comme il est décrit. Après un bon Karadjordjeva
šnicla, sorte de steak roulé et pané, et une bonne BIP, la bière locale, je
rentre finir de publier l’épisode 2 avec toutes les photos.
Je
me réveille ce matin au doux son d’une conversation espagnole entre deux
amoureux qui se bécotent. J’ai l’impression que nous ne sommes que quatre dans
ce dortoir. Je pense avoir croisé le dernier hier pendant le check-in. Un vieux
bonhomme à l’air et aux manières peu commodes. Il est tard dans la matinée,
j’en ai profité pour faire la grasse mat’. Je sors me chercher un déjeuner, il
y a plein d’épiceries dans le coin. On
sent dans ces pays que nous sommes en pleine transition entre les petits
commerces de proximité qui sentent bons les affaires familiales et les gros
centres commerciaux impersonnels qui vous vendent ce qu’ils doivent écouler à
tout prix. Une résistante de cette évolution m’offre mon bonheur pour pas grand
chose.
A
13h je dégage, les blogs ne m’ont pas apportés de solution viable. Aujourd’hui,
j’ai pris mon vélo. Première fois du voyage que je circule sans les sacoches,
je manque de peu de me rétamer la figure après mon premier coup de pédale.
Tellement habitué à cet équilibre et ce centre de gravité assez bas des
bagages. La gare routière attenante à la ferroviaire me donne la possibilité de
comparer les prix. Il faut passer par une agence touristique. Le train paraît plus
simple tout d’un coup. Enfin, après l’histoire du train Italien, je me méfie.
Mais comme me l’avait suggéré Jehanne, le culot ca marche de temps à autre. Je
me muni d’un billet pour 2500 dinars serbe, soit environ 25.- CHF. Je dois
naturellement payer un petit supplément pour le vélo, de 5.- CHF.
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| Des avions militaires survolent Belgrade en vue d'un défilé |
Libre
et heureux de ces deux jours qui s’annoncent météorologiquement radieux, je
pars le long de la rivière Save qui rejoint un peu plus loin le fleuve du
Danube. La piste cyclable est bien aménagée et largement empruntée par les
nombreux vélos. Un plaisir. Des pêcheurs se pressent le long des berges. A la
jonction des deux cours d’eau, sur la rive, se trouve un énorme centre sportif
dédié au tennis vêtu de banderoles à la gloire de Novak Djokovic, on sent qu’il
fait des émules ici. Juste derrière se dresse la forteresse de Belgrade et le
parc de Kalemgdan. Je m’y rends par l’entrée dédiée au zoo et du petit parc
d’attraction pour les enfants. Je grimpe pendant un moment et finit par arriver
aux portes de la citadelle. Une exposition retrace tout le passé des tanks
utilisés par le pays. Il y en a de toutes les tailles et de tous les genres. Je
monte jusqu’au point culminant du parc de la forteresse. D’où je suis, je peux
observer le nouveau Beograd, composé de bâtiments essentiellement construits
après la deuxième guerre mondiale et l’ancien Beograd. L’histoire de cette
ville s’étend sur 7000 ans. Un peu compliqué de tout vous expliquer ici. Elle a
notamment été habitée par les Romains, les Huns, les Mongols, les Turcs et j’en
passe.
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| A la jonction entre la Save et le Danube |
Il
fait beau et chaud. Ou chaud et beau. Tout dépend de quelle côté de la contrepèterie
on se situe. En tout cas, quand il fait chaud et que je porte mon casque, le
contact avec le sagex et ma peau à tendance à accélérer l’écoulement de sueur
sur mon visage et particulièrement dans mes yeux. Un bon vieux bandana devrait
aisément éponger toute cette désagréable affaire. J’imagine qu’il y a un centre
commercial dans ce Novi Beograd et m’y rends sans attendre. Juste sur la droite
après avoir traversé le pont de Branko, un immense centre commercial flambant
neuf se dresse. Il y a un mélange d’enseignes nationales et internationales. Le
coût de la vie est ici agréable pour ma bourse de voyageur. Je trouve mon
bonheur assez rapidement.
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| Dans un centre commercial |
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| Des gens attendent un défilé dans un centre commercial |
En
reprenant le pont au retour, je me rends compte que des tanks font des
manœuvres le long du pont. Ils s’alignent militairement de part et d’autre
d’une route en contre-bas. Les soldats ont l’air de rigoler et de plaisanter
avec les badauds, je me doute qu’il est plus question de manifestation que de
manigances de guerre.
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| Ligne de tram à Belgrade |
Arrivé
dans ma rue, je choisis un autre restaurant et une autre spécialité culinaire.
Beaucoup de viande dans les plats proposés sur le menu. Généralement, les
légumes ne font pas partie de l’assiette, il faut souvent les commander en
supplément. Passé 19h, les restaurants se font assaillir par des musiciens en
bande organisée. Ils viennent nous honorer de musique traditionnelle serbe agrémentée
de quelques reprises bien connue à la sauce tzigane. Ils sont marrants, ils ne
jouent pas devant tout le monde mais entourent chacune des tables une à une et
font une chanson avant de choisir une autre “victime“. Sitôt les troubadours
repartis, j’entends au loin une batterie, une vraie ! Elle me rappelle que
la mienne me manque. Je paie et me dirige vers l’origine du bruit. Un batteur
est en train d’installer sa batterie sur une minuscule scène dans un minuscule
bar. Le serveur m’apprend que ce sera musique traditionnelle serbe et reprise
rock. La BIP à la pression n’est pas chère. Tout est réuni pour rester. Je
rentre à la fin du concert, espérons qu’il y ait encore du monde éveillé mais
hors saison il n’y a plus foule dans ces auberges. J’en profite pour faire un
Skype avec ma famille.
Ce
matin, le check-out est prévu à 12h, il est 11h quand je me réveille. J’ai eu
de la peine à dormir. Le vieux bougon de la chambre est rentré hier soir un peu
bourré. Lorsque je suis repassé par l’auberge hier, il se préparait et m’avait
conté sa vie de journaliste musical entre Londres et Sarajevo, sa ville natale.
Il allait assister à un concert d’un prodige de la musique macédonienne et une
réception s’ensuivrait. Il en a bien profité à mon avis. Dans le coton, je
prépare mes sacoches à la va-vite. De nouveau dans une auberge demain,
j’entasse tout. Je garde juste le plus important en haut pour le voyage en
train de ce soir. D’un commun accord avec Marina la réceptionniste, j’entasse
mon fourbi dans un coin de l’entrée.
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Une fresque de l'artiste “Blu“ orne un vieil immeuble
https://www.youtube.com/watch?v=uuGaqLT-gO4 |
Le
nouveau Belgrade m’interpelle, j’ai envie de m’enfoncer plus profondément dans
cette partie de la ville. Je refais le même itinéraire que hier. Je fais le
tour de ses pâtés de maison mais rien de très intéressant. Des bâtiments de
béton décrépit un peu partout. Sur Google Maps, ils sont même affublés de
numéros. Il y a juste le Palace de Serbie utilisé par différents ministères qui
vaut le détour. Je fuis ce ciment aggloméré. J’emprunte à nouveau ce pont et
aujourd’hui, de plus gros tanks sont déchargés d’immenses camions de transport.
Dans le ciel, on entend gronder le vol des avions de l’armée. Y aurait-il une
parade qui s’organise ? L’armée ne m’intéresse pas plus que ca et l’idée
de se reposer à l’ombre d’un arbre dans le parc de la forteresse est bien plus
forte.
Je
somnole et profite des 25°C de cet été indien en ce 11 octobre qui semble inonder
toute l’Europe. Après deux heures de chill intensif, un Skype avec Wanda, ma
copine restée au pays, m’attend à l’hostel. J’avoue que c’est une raison de ce
voyage, déconnecter de tous ces appareils. Cela reste quand même un plaisir
d’avoir cette technologie que nos parents n’avaient pas pour pouvoir rester en
contact. Et indubitablement, les proches vous manquent.
 |
| Parade de bateaux militaires sur la Save |
 |
| Chacun sa couchette |
Le
resto d’hier m’a beaucoup plus j’y retourne. Les Américaines du minibus
passent, on se salut. Je les plains d’avoir à faire autant de trajet pour se
rendre au centre de la ville depuis leur hôtel. A 20h, je suis de retour à
l’hôtel. Je suis assez stressé. J’espère que le vélo pourra rentrer, qu’il y
aura une petite place pour lui bien qu’il ne soit pas vraiment pliable. Je
prévois d’être sur le quai à 21h, soit presque une heure avant le départ. Je
prépare le vélo et m’enfonce dans la nuit. Le plaisir des sensations retrouvées
avec le vélo chargé et l’équilibre plus sûr. Je traverse la gare archaïque aux
quais défoncés et retrouve mon train, sagement endormi, toutes lumières
éteintes. Je parviens à ouvrir les portes et m’installer près d’un endroit où
mon vélo est casé en vertical sans importuner personne. Le mauvais côté de la
chose c’est que je suis près des toilettes. Je m’attends aux aller-retour et
claquements de portes intempestifs. Tiens, le train s’allume, quelques
asiatiques qui n’osait pas monter se pressent à la recherche d’une bonne place.
Le convoi comporte quelques wagons couchette. Mon vélo m’interdit ce confort.
Je veux l’avoir en visuel durant le trajet. Le train se remplit petit à petit,
un petit vieux vient s’installer à la dernière minute et nous partons à
l’heure. Je dois dire que je ne me suis jamais senti en insécurité mais ce
train, de nuit et crasseux, ne me rassure guère. L’arrivée est prévue demain
matin à huit heures.
 |
| Mon compagnon ronflant de voyage |
Après
une heure d’utilisation constante, les latrines déchargent une odeur pestilentielle
d’urine. J’en viens presque à remercier les nombreuses personnes s’allumant une
tige malgré le signe bien voyant de l’interdiction de fumer. J’aimerais bien
changer de place mais je dois garder un œil sur mon vélo. Je suis quand même
bien mieux dans la nature. Moins de contraintes. Je m’assoupis par moment mais
le roulis du train est rude, la mauvaise qualité des rails en est la cause. Le
train fait plusieurs arrêts, dont un particulièrement long à Nis pour le
changement des équipes. Le train ramène une flopée de noctambules bien imbibés.
Bien de quoi me rassurer.
 |
| Arrêt à Nis |
Nous
arrivons à Dimitrovgrad, dernier arrêt avant la Bulgarie. Les douaniers Serbes
font une inspection du train et de nos passeports. Le mien ne pose pas de
problème, les autres sont examinés sous toutes les coutures. Les dessous de
sièges sont tâtés et les faux plafonds ouverts. Il est 6h, le jour s’est déjà
installé. Le convoi se remet en branle et nous nous arrêtons juste après la
délimitation entre les deux pays. Les douaniers Bulgares font leur entrée,
embarquent tous les passeports sauf le mien qui est ouvert, aussitôt refermé et
m’est remis avec un chaleureux sourire. J’avais déjà entendu parler du
sentiment d’assurance que suscitait le “passeport rouge à croix blanche“ mais
pas à ce point là.
Encore
quelques kilomètres et nous arrivons à Sofia. Nous sommes en avance d’une
heure. Je foule le quai à 7h. Il est dimanche très tôt, très peu de monde. La
gare est dans un piteux état, au loin j’aperçois des ouvriers magnant une
visqueuse répandant des gerbes d’étincelles. Avec la brume et cet escalator
défoncé on se croirait dans un décor de film d’après-guerre ou dans un jeu
vidéo militaire. Abandonnée et fantomatique. Des taximen nous hèlent afin de
nous proposer leurs services. Je descends mon vélo du train et ils n’insistent
pas. En sortant, on remarque en fait que la Central
Sofia Station se refait une beauté toute entière. Tant mieux, un bon coup
de neuf ne lui fera pas de mal.
En
suivant les indications de l’hostel 10 Coins où je nicherais ce soir, je suis à
l’air libre le métro qui se trouve sous mes pieds et arrive à la station Khan
Kubrat. Je ne suis plus très loin. Je sonne à la porte bien avant l’heure du
check-in mais j’ai franchement envie de me débarrasser de mes affaires et de
manger un morceau. Nick m’accueille cordialement. Un Ukrainien qui avait dans
l’idée, avant les débordements, d’ouvrir cette petite affaire dans son pays
natal. Les armes en ont décidés autrement. Il m’emmène immédiatement à ma
chambre, un dortoir que je partage avec des personnes de presque chaque
continent. Un supermarché pas très loin me permet de m’acheter une bonne collation.
Sur les bonnes indications de Nick j’emprunte le métro jusqu’à la gare où je
suis arrivée ce matin car la station de bus international se trouve juste à
côté. C’est le moyen le plus simple pour rallier Istanbul. Le réseau de chemin
de fer est compliqué ici, il faudra de toute manière que je prenne un bus,
autant le prendre dès le début. Première question au guichet : le vélo
c’est bon ? Ca peut rentrer dans la soute? “No problem my friend, no
problem“
 |
| Station de métro de Lion Bridge |
Je
repars ensuite à pied direction le centre ville. Je passe par les galeries du
métro sous une gigantesque place en pleine renaissance et à mon grand
étonnement, la station est très élégante. Le contraste est fort avec ce que
j’ai vu le matin même. Les rues et les terrasses sont remplies de monde en ce
dimanche 12 octobre. Le temps attendu pour une pizza commandée en témoigne. Je
flâne encore un bon moment près de la mosquée et du marché couvert. Là est
toute l’opposition de ce voyage. En vélo, je profite de tout ce m’offre les
alentours d’une ville, à pied dans une ville je suis réduis à voir ce que les
guides mentionnent comme “à ne pas louper“. Je n’aurais pas le temps de sortir
de la ville pour visiter les alentours de Sofia. Nick m’a dit que toutes les
curiosités à voir prenaient une journée. J’essaie d’en garder pour demain car
mon bus ne part qu’à 23h. En fin de journée, je rentre à l’auberge. Encore
quelques Skype pour rassurer. En demandant à Nick si je peux quand même laisser
mes affaires dans un coin pour la journée de demain, il m’indique un restaurant
chinois pas très loin. Je me remplis la panse pour pas grand chose et rentre rattraper
mon sommeil perdu dans le voyage de la nuit précédente.
 |
| Maison de l'ancien Parti Communiste |
Je
me réveil assez tôt. Il y a une chose quand même qui est primordial dans la
société dans laquelle nous vivons actuellement, c’est l’électricité. Je
recharge tout ce qui doit être rechargé. J’ai pris le risque de prendre mon
ordinateur pour ce voyage, deux kilos, mais je ne le regrette pas. Un cadeau de
mes parents en avance pour mon anniversaire, une liseuse, est grassement remplie
de livres gratuits sur Internet en tous genres. J’ai le temps de lire et j’ai
toujours voulu aborder les écrits de Nietzsche, de Balzac, Proust ou tout
simplement relire les fables de La Fontaine. Les quelques grammes de la liseuse
contre les quelques kilos de bouquin que j’aurais dû emmener avec moi me
rendent bien service. Même si cela ne remplacera jamais l’odeur et le plaisir
d’en tenir un vrai dans les mains.
 |
| Cathédrale Alexandre-Nevski |
Je
mets les voiles en début d’après midi terminer ma visite du centre de Sofia.
Les rues sont plus calmes aujourd’hui. J’essaie de trouver une banane ou un
petit sac pour éviter d’avoir constamment les mains dans les poches. Un
argentin m’a raconté hier soir comment il s’était fait voler son appareil photo
reflex à une station métro. Un pickpocket a ouvert son sac qui se trouvait
entre ses jambes et il le lui a dérobé. Mon trajet me mène jusqu’au Palais
National de la Culture et je rebrousse chemin. Ne trouvant pas ce que je
cherche, je m’arrête dans le parc devant le théâtre national resplendissant. Je
continue ensuite vers la cathédrale Alexandre-Nevski. Le dôme à l’intérieur est
impressionnant. Malgré les recommandations d’usage dans ces lieux saints, un
asiatique s’époumone dans son téléphone portable et un autre prend des photos
en dépit de l’interdiction. Dans le silence, une vieille femme bulgare engage
une conversation murmurée avec moi. Elle est heureuse de pouvoir parler
français, et me fais une visite des lieux. En sortant, je me dirige vers une
place où quelques fontaines crachent de l’eau de source, chaude et froide. Nick
m’a raconté que si je venais tôt le matin, je pouvais voir des sans-domiciles
venir s’y laver. En cette fin d’après-midi, tous les passants viennent y boire
ou remplir des bouteilles. Je termine cette journée en allant voir l’église
rotonde Saint-Georges. Elle a la particularité d’être cintré autour des
nouveaux bâtiments de la présidence. En effet, lorsque le président décida de
bâtir le nouveau lieu de rassemblement du gouvernement bulgare, il voulut
détruire cette église. L’UNESCO vint lui rappeler qu’elle était classée et
qu’il ne pouvait pas la détruire. Il accepta et… construit simplement le palais
autour de celle-ci.
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| Dans une rue de Sofia |
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| Les fameuses sources d'eau gratuites |
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| Devant le palais présidentiel |
A
18h, je retourne ensuite préparer mes bagages à l’auberge et “développer“ mes
photos. Je me rends une nouvelle fois au restaurant chinois puis après la photo
souvenir avec Nick, je pars en direction de la gare routière. En attendant le
bus, je rencontre Nadia, une bulgare faisant ses études à Sofia. N’ayant pas
les moyens de voyager, elle a trouvé une autre manière de rencontrer des
voyageurs, elle propose la formule du Couchsurfing. Sympathique comme tout, je
regrette de n’avoir pas cherché ici. Avec un sourire, elle me dit que je
“triche“ en prenant le bus, je lui réponds simplement que je “voyage“. Ah oui
je sais bien que je devrais tout faire à vélo, c’est ce qui est écrit sur la
mention “je-voyage-à-vélo“ pour tout le monde mais je suis pressé par le
rendez-vous à Tbilisi et en même temps j’ai envie de voir ces villes. Bref, je
fais ce que je veux… C’est mon voyage. Le chauffeur du bus soupir en voyant mon
vélo, me répéte “more easy“ et me mime quelqu’un qui conduit une voiture.
Allez, je n’en peux plus. Montons dans ce bus.
Je
suis réveillé à la frontière. Toujours la même chanson, un tampon pour sortir
du pays et… ah non. Nous devrons montrer à trois reprises nos passeports aux
autorités turques. Un couple d’afro-américains voyageant avec nous passe autant
de temps au guichet que toutes les personnes présentes dans le bus. Le racisme
me rebute toujours autant. Arrêt au duty-free et c’est reparti.
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| Vue sur le quartier du Levent à Istanbul |
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| Aujourd'hui, c'est école buissonnière pour moi |
Nous
arrivons aussi en avance à Istanbul sur les coups de 7h. Une heure d’avance. La
gare routière est une vraie ruche. Les bus s’arrêtent où ils peuvent et
dégueulent leurs passagers et leurs bagages. Je me fraye un chemin vers la
sortie. Les captures d’écran du chemin que je dois emprunter pour me rendre à
l’auberge m’indiquent huit kilomètres, deux heures de marche. Voyons si cela
prend vraiment moins de temps à vélo. Tout le monde me dévisage. Nous sommes
dans un pays majoritairement musulman, les nombreux minarets en témoignent. Le
trajet est sympa. Un peu chaotique mais sympa. Ca monte et ca descends assez
souvent mais je peux découvrir la ville de cette manière. Tout le monde file à son boulot ou à l’école, une
vraie fourmilière. Ce matin, j’ai clairement l’impression de faire l’école buissonnière.
Je mets quand même un sacré moment à trouver cette foutue auberge. Les
escaliers sont aussi utilisables quand l’itinéraire est calculé pour des gens à
pieds ce qui ne m’arrange guère. Au fil de nombreux détours je fini par la
trouver.
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| Vue sur Istanbul |
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| Vue sur la tour de Galata depuis la terrasse de l'hôtel |
Je
m’installe dans la chambre. J’ai besoin d’une douche mais je ne trouve pas mon
linge microfibre. J’ai dû l’oublier dans les lessives de Sarajevo. Mission de
la journée, en trouver un nouveau. Je m’empare de mon vélo et file direction le
grand bazar. Les kebabs sont délicieux ici. Rien à voir avec cette masse de
matière grasse qu’on nous sert par chez nous. C’est fin et raffiné. J’hésite à m’en
engloutir un troisième. Les turcs klaxonnent pour un oui ou pour un non. Je
fais le malin avec ma sonnette mais elle ne me sert pas à grand chose. Je
m’arrête vers mosquée Süleymaniye. Mais la curiosité que suscite mon vélo me fait douter de l’abandonner, même cadenassé, dans la rue. Je me
console avec un café turc, le serveur essaie de m’arnaquer et je repars en
direction de la tour de Galata, où se trouve ma maison temporaire. L’activité
au bord de cette branche du détroit du Bosphore est impressionnante. Une flopée
de pêcheurs envahissent le pont de Galata qui lui-même est traversé par
en-dessous d’une multitude de petits bateaux. Je termine la journée par un
petit resto pas très cher et épuisé, m’écroule dans mon lit.
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| Depuis le pont de Galata |
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| Dans le quartier de Tünel |
Il
est 8h45, le déjeuner est servi jusqu’à 9h. Je me dépêche de monter sur cette
magnifique terrasse qui nous permet d’embrasser Istanbul d’un coup d’œil
panoramique. Je me promène ensuite dans le quartier autour. Les chats,
omniprésents, ont une sale tête. Après le port où sont amarrés les buildings
des mers, je remonte jusqu’à très grosse artère commerçante. Un vieux tram y
passe. Sans le savoir, je suis dans le quartier de Tünel. Les baklavas
impeccablement alignés dans les vitrines me font saliver. Une de mes pâtisseries
préférées. Elles sont vendues au kilo, je n’y vais pas de main morte. En
rentrant pour midi, je découvre avec grande surprise une petite rue remplie de
magasins de musique. Bon dieu, mais oui Tünel ! Le quartier des musiciens.
Je m’étais renseigné sur les blogs avant de partir. La Turquie, plus
spécifiquement Istanbul, est un endroit où sont créés, en tout cas pour moi,
les meilleures cymbales de batterie. Celles qui ont un son original et riche en
harmoniques. Je ne traîne pas, j’ai encore rendez-vous pour un Skype,
décidemment. Mais je reviendrais plus tard.
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| Quartier de Tünel |
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| Un magasin remplie QUE de cymbales |
Après
le repas de midi, je repars à pied cette fois-ci en direction de la mosquée Süleymaniye. Après avoir retiré mes chaussures (qui puent) et fait quelques
pas sur un tapis épais et moelleux je découvre ce splendide spectacle. Une
voute perchée à cinquante mètres de hauteur ornée de motifs. Seulement sept ans
pour bâtir cet immense édifice. Après avoir traversé le grand bazar et le bazar
égyptien, je visite encore la mosquée Bleue, me promène dans le quartier
alentour et retourne fissa, en m’avalant quelques baklavas, à Tünel. J’ai bien
envie d’essayer ces cymbales reluisantes que j’ai vu ce matin. De toute façon,
autant au bazar que dans ce magasin de musique je ne peux que regarder. Je n’ai
vraiment pas la place d’emporter quoi que ce soit. Mon rêve est enfin accompli,
je peux toucher simultanément dix cymbales de la marque “Alchemy“. Les magasins
on-line sur Internet ayant fait disparaître une à une les échoppes à Genève, il
devenait difficile de pouvoir entendre une cymbale avant de l’acheter. Les prix
sont corrects. Je reviendrais pour sûr. Pleins de groupes de musique donnent
une atmosphère joyeuse à ce quartier. Comme s’il fallait convaincre des
réticents à s’acheter un instrument.
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| Un groupe de musique de rue dans le quartier de Tünel |
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| Un groupe de musique de rue dans le quartier de Tünel |
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| Un magasin de musique dans le quartier de Tünel |
Comme
la cuisine est relativement bien équipée, ce soir j’ai un rêve : me
préparer un émincé à la zurichoise. Je trouve le nécessaire chez un maraîcher
et dans une “Migros“ qui, à part son enseigne et sa couleur similaire à la
nôtre, ne contient aucun produit exporté de Suisse. Le résultat n’est pas trop
mal mais loin d’avoir le même goût qu’à la maison.
Voilà,
c’est mon dernier soir de ce voyage dans le voyage. Je profite des températures
clémentes pour préparer la suite du trip en vélo sur la terrasse. La carte est
étalée sur la table. Ma monture reprend ses droits pour mon plus grand plaisir.
Elle qui a été attachée dans la rue pendant ces deux jours passés ici. J’ai eu
très peur de me faire voler mon vélo. De manière générale, cette ville
m’inspirait un peu un sentiment d’insécurité mais après une heure passée à
marcher, on se rend compte qu’il n’en est rien. Bien entendu comme toute grande
ville, c’est sale. Une chose est cependant sûre, je ne mangerais pour rien au
monde les poissons pêchés dans le Bosphore. Une autre chose est également sûre,
je me réjouis d’ores et déjà de revenir. Les magasins de musique m’ont fait les
yeux doux. En fait la ville m’a fait les yeux doux, il y a tellement de chose à
faire ici. Tellement de choses différentes. De quoi ramener quantité de
souvenirs. De quoi passer de bons moments. Allez, au dodo, mon vélo et la
Turquie m’attendent demain matin.
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| Istanbul |
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